Le président de l’Association brésilienne des entreprises aériennes (Abear), Juliano Noman, s’est prononcé ce jeudi 21 mai pour une prolongation jusqu’à la fin de l’année de l’exonération du PIS/Cofins sur le kérosène d’aviation (QAV).
L’Abear demande le maintien de l’exonération sur le kérosène d’aviation
Cette demande a été formulée lors d’une audition publique de la commission de défense des consommateurs de la Chambre des députés, présidée par le député Felipe Carreras (PSB-PE). La suppression de ces taxes est la seule mesure déjà appliquée du plan annoncé début avril par le gouvernement fédéral pour aider le secteur à faire face à la forte hausse du carburant. Elle doit toutefois prendre fin le 31 mai prochain.
Entre le début de la guerre au Moyen-Orient, le 28 février, et hier, le prix du QAV a doublé, passant de 3,30 R$ à 6,65 R$ le litre. Le carburant, qui représentait auparavant environ 32 % des coûts du transport aérien, en constitue désormais 46 %. « Même si la réduction du PIS/Cofins n’a qu’un effet de 2 %, il est important de prolonger cette mesure », a déclaré Juliano Noman.
Selon Petrobras, plus de 80 % du QAV consommé au Brésil est produit dans le pays. Malgré cette quasi-autosuffisance, l’entreprise fonde sa formule de calcul du prix du carburant vendu aux compagnies aériennes brésiliennes sur le prix de parité à l’importation (PPI). Outre les coûts d’extraction, de production et de raffinage, elle prend donc en compte les cours internationaux du pétrole et du dollar.
Des mesures de trésorerie pour les compagnies aériennes
À la différence de l’exonération du PIS/Cofins, qui réduit effectivement les coûts, les autres mesures agissent sur la trésorerie des compagnies aériennes. Le règlement des redevances de navigation dues entre juin et août a été reporté à la fin de l’année, sans intérêts. Deux lignes de crédit figuraient également dans le plan présenté début avril. Celle de Banco do Brasil est accessible dès aujourd’hui, son règlement ayant été publié hier. Celle de la BNDES ne devrait être effectivement disponible qu’à partir du mois d’août.
Petrobras a par ailleurs autorisé le paiement échelonné du QAV vendu aux compagnies depuis avril. Le carburant peut être réglé sur une période allant jusqu’à six mois, avec un différé jusqu’en juin. « Bien qu’importantes, ces mesures finissent par endetter les entreprises et entraînent une hausse du prix des billets », a déclaré Clarissa Barros, directrice des concessions, du patrimoine et des politiques réglementaires aéroportuaires au secrétariat de l’aviation civile du ministère des Ports et des Aéroports.
La hausse du QAV réduit l’offre de vols
Face au renchérissement du QAV, les compagnies réorganisent leurs réseaux et diminuent leur offre de vols. Les projections font état de 93 vols quotidiens en moins en mai, puis de 121 vols quotidiens en moins en juin. Les États les plus touchés se trouvent dans les régions Nord et Nordeste. Jusqu’ici, cette réduction a été mise en œuvre sans suppression de lignes, afin de préserver la connectivité aérienne du pays. « Aucune des villes desservies avant le début de la guerre n’a cessé de recevoir des vols », a affirmé Luiz Fernando Pimenta, responsable du suivi du marché à l’Agence nationale de l’aviation civile (Anac).
Pour le président de l’Abear, les compagnies aériennes, Petrobras et le gouvernement doivent impérativement définir ensemble des mesures destinées à atténuer la hausse du QAV. « Nous réduisons l’offre et la taille des avions pour continuer à desservir les destinations. Mais le pire aspect de la crise, c’est lorsqu’une destination n’est plus desservie ou qu’une compagnie rend un avion à son constructeur, car la reprise n’est pas si simple », a-t-il déclaré.
Informations de l’Abear






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