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Le sous-marin nucléaire français Perle va bientôt quitter le service après 33 ans

Cérémonie militaire avec marins en uniforme devant un sous-marin amarré au quai au coucher du soleil.
Dans cet article
  1. Le Perle quitte le service à Cherbourg
  2. 33 ans de navigation pour le sous-marin Perle
  3. Le Perle, un véritable rescapé
  4. Passage de témoin

Après 33 ans de carrière et une distance équivalant à 46 tours de la Terre, un sous-marin nucléaire français de légende s’apprête à quitter le service actif. Retour sur le parcours exceptionnel de ce géant des mers, sauvé des flammes par une opération technologique extraordinaire.

Le Perle quitte le service à Cherbourg

Une page majeure de l’histoire maritime française se tournera le mardi 23 juin 2026, à la base navale de Cherbourg. Arrivé de Toulon quelques semaines auparavant, le sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) Perle assistera à sa dernière cérémonie des couleurs. Ce rituel militaire officialisera son désarmement définitif après plus de trente ans de service. Mis en chantier en 1987 et admis au service actif en 1993, le bâtiment s’apprête à faire ses adieux.

33 ans de navigation pour le sous-marin Perle

En un peu plus de trois décennies, le Perle a parcouru près de 1,85 million de kilomètres, soit l’équivalent de 46 tours du globe à l’équateur, rapportent nos confrères de La Presse de la Manche. Il a aussi passé plus de 100 000 heures sous l’eau : ses équipages ont ainsi vécu l’équivalent de 12 années entières en immersion, isolés du reste du monde. Le sous-marin aura totalisé environ 4 556 jours en mer. Durant sa carrière, 34 officiers se sont succédé à son commandement, à la tête des équipages « bleu » et « rouge » qui alternaient à bord.

Dernier bâtiment de la classe Rubis, une série de six sous-marins de première génération conçus par la DCN, devenue Naval Group, ce fleuron des années 1990 laisse derrière lui un immense héritage opérationnel. Son parcours a pourtant bien failli prendre fin brutalement en juin 2020.

Le Perle, un véritable rescapé

Le sous-marin se trouvait alors en maintenance dans un bassin du port militaire de Toulon lorsqu’un incendie dévastateur s’est déclaré. Les flammes ont ravagé l’avant du bâtiment pendant plus de 14 heures, sans faire de blessé, heureusement. Le combustible nucléaire et les armes avaient été retirés au préalable, mais la structure en acier avait subi des dommages considérables. Beaucoup estimaient que la carrière du Perle était terminée.

Le ministère des Armées a pourtant pris une décision inédite : sauver le bâtiment au moyen d’une prouesse technique et technologique. En décembre 2020, un cargo spécial l’a transporté à Cherbourg pour découper sa moitié avant, déformée par la chaleur, et la remplacer par celle du *Saphir*, un autre sous-marin de la même classe récemment retiré du service.

Ce chantier titanesque, qui a mobilisé 350 000 heures de travail, a exigé une précision chirurgicale pour raccorder des milliers de câbles et de tuyauteries. À sa sortie des ateliers en 2021, le Perle mesurait 1,4 mètre de plus et pesait 68 tonnes supplémentaires. Après un second incendie mineur dans la zone des vivres en 2022, puis des essais en mer réussis, le sous-marin hybride a repris son cycle opérationnel à l’été 2023.

Passage de témoin

Le départ à la retraite du bâtiment créera un vide temporaire dans les rangs de la Marine nationale. La flotte française ne disposera plus que de quatre sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) immédiatement opérationnels. Ce nombre historiquement bas impose aux forces navales de gérer avec une extrême précision leurs missions de souveraineté et de protection.

Cette période de transition critique a toutefois été anticipée. Les bâtiments de la classe Rubis, dont le Casabianca fermera définitivement le chapitre en 2027, cèdent progressivement la place à une nouvelle génération de prédateurs des mers : les sous-marins de type Suffren. Trois sont déjà actifs.

D’ici à 2030, la Marine nationale aura achevé sa transformation et retrouvera une flotte homogène de six SNA de pointe. En 2036, L’Invincible entrera à son tour en scène : ses capteurs ultra-performants le rendront quasiment indétectable.

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Camille Lefèvre

Camille Lefèvre est consultante spécialisée dans la location de matériel de gestion de l’eau, notamment les fontaines à eau, distributeurs et solutions d’hydratation pour les entreprises. Elle s’intéresse aux enjeux de qualité de l’eau, de maintenance des équipements et de consommation responsable, afin d’accompagner les organisations dans le choix d’une offre Eauzone Location adaptée.

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