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En Éthiopie, le site de Halibee vieux de 100 000 ans révèle la vie des premiers humains

Fouille archéologique au bord d'une rivière avec des ossements humains et des outils mesurant un site.
Dans cet article
  1. Une plaine inondable fréquentée par les premiers humains
  2. Un site inscrit dans une chronologie connue
  3. Un atelier sur la plaine inondable
  4. Des indices de déplacements et d’échanges
  5. Un lieu où se côtoyaient nourriture et danger
  6. Des séjours écourtés par les crues saisonnières
  7. Enseveli sous les sédiments
  8. Des restes brûlés qui soulèvent des questions
  9. Un paysage aux multiples interactions

Des scientifiques ont mis au jour en Éthiopie un site vieux de 100 000 ans qui conserve un témoignage exceptionnellement complet de la vie quotidienne et de la mort.

Des outils en pierre, des ossements animaux et trois squelettes humains partiels y ont été découverts. Ils dépeignent la vie avant les migrations de plus grande ampleur hors d’Afrique.

Une plaine inondable fréquentée par les premiers humains

Sur une bande plate de sédiments érodés, dans le rift de l’Afar en Éthiopie, des objets et des ossements sont encore éparpillés presque là où ils sont tombés à l’origine.

Le site a été découvert à Faro Daba, un affleurement sédimentaire du rift de l’Afar, en Éthiopie, dans le nord-est de l’Afrique.

L’archéologue Yonas Beyene, du Centre français des études éthiopiennes (CFEE), y a documenté une plaine inondable fréquentée à plusieurs reprises par les premiers humains.

Contrairement à de nombreux sites africains qui conservent des fragments dans des grottes, ces couches renferment des traces à ciel ouvert d’activités ordinaires, réparties sur un paysage ancien.

Cette rare continuité confère aux vestiges une valeur particulière, tout en laissant ouvertes des questions essentielles sur les déplacements et les comportements humains.

Un site inscrit dans une chronologie connue

De précédents travaux de datation avaient déjà situé Halibee, un membre sédimentaire de la formation de Dawaitoli dans le rift éthiopien de l’Afar, autour de 100 000 ans avant notre époque, grâce à la mise en relation de couches rocheuses de la région.

Daté d’environ 100 000 ans, le site appartient au Middle Stone Age, une période africaine antérieure aux migrations.

Des fossiles plus anciens du même bassin ont été datés de 160 000 à 154 000 ans, attestant la présence d’Homo sapiens anciens à proximité.

La particularité de Halibee est de replacer dans leur contexte les vestiges d’une région déjà célèbre pour ses ossements, au-delà des seuls crânes isolés.

Un atelier sur la plaine inondable

Plus de 1 800 objets cartographiés, mesurant chacun plus d’environ 1,3 cm, étaient regroupés dans les couches, avec peu de signes de mélange.

Entre 65 % et 82 % étaient fabriqués en basalte, une roche courante dans la région. Des éclats dispersés montrent comment les occupants ont pu façonner leurs outils à partir de ressources locales.

Des visites courtes et répétées sont attestées : les outils semblent avoir été à la fois fabriqués et abandonnés lors de brefs retours sur la plaine inondable.

Comme les pièces sont restées dans une même zone, leur disposition révèle un comportement plutôt qu’un amas de pierres mélangées.

Des indices de déplacements et d’échanges

Seuls quelques outils étaient en obsidienne, un verre volcanique qui se fracture en arêtes tranchantes, alors que Halibee ne possède pas cette matière première.

Moins de deux pour cent de l’assemblage était constitué d’obsidienne, ce qui fait de chaque pièce un indice de déplacement ou d’échange.

Beyene a toutefois averti que des affleurements disparus pouvaient fausser l’histoire des matières premières, car l’érosion peut masquer certaines sources.

La pierre apportée d’ailleurs demeure néanmoins intrigante, sans que ce faible échantillon permette de dresser une carte complète des échanges.

Un lieu où se côtoyaient nourriture et danger

Les ossements animaux situent les humains dans une plaine boisée, inondée selon les saisons, au bord de l’ancienne rivière Awash, où ils trouvaient nourriture et ombre, mais étaient aussi exposés au danger.

Les singes, les rongeurs et les animaux à sabots de taille moyenne étaient fréquents, tandis que les girafes, les oiseaux, les reptiles et les grands carnivores apparaissaient plus rarement.

« Aucune modification osseuse liée à la boucherie ou provoquée sans ambiguïté par l’être humain n’a été observée », a écrit Yonas Beyene, archéologue au Centre français des études éthiopiennes.

Dans ce paysage riche en animaux, le site n’était très probablement pas seulement un lieu de boucherie, même si les humains et les animaux y revenaient régulièrement.

Des séjours écourtés par les crues saisonnières

Les inondations saisonnières ont probablement imposé de courts séjours, puis effacé les traces des campements sans bouleverser entièrement les pierres et les ossements.

L’ombre, l’eau et les pierres permettant de fabriquer des outils ont dû attirer les groupes à plusieurs reprises, tandis que les hautes eaux et le passage des animaux rendaient chaque visite temporaire.

Cette occupation brève et répétée correspond à un mode de vie mobile : les groupes revenaient dans des endroits utiles au lieu d’établir des installations permanentes.

Au fil du temps, Halibee apparaît ainsi comme le reflet de choix répétés plutôt que d’un unique événement spectaculaire.

Enseveli sous les sédiments

Un squelette partiel semble avoir été rapidement recouvert de sédiments, échappant aux marques de dents et à l’altération courantes sur les restes exposés.

« Les informations disponibles suggèrent un enfouissement rapide, sans exposition prolongée en surface », a écrit Beyene à propos de cet individu enseveli rapidement, dont les restes ont échappé à une forte altération et aux charognards.

Un enfouissement rapide peut se produire lorsque les sédiments d’une crue recouvrent vite un corps, le mettant hors de portée des charognards et ralentissant les dégâts causés par le soleil et le piétinement.

L’équipe s’est néanmoins abstenue de parler de sépulture intentionnelle, car des corps d’animaux voisins peuvent eux aussi disparaître rapidement.

Des restes brûlés qui soulèvent des questions

D’un autre individu, il ne subsiste qu’une dent et de petits fragments osseux fissurés, noircis et brisés par une chaleur intense.

Une combustion à cette température modifie la couleur et la structure des os : la chaleur en expulse l’eau et transforme leurs cristaux minéraux.

Un incendie naturel reste possible. Une crémation intentionnelle ferait toutefois remonter cette pratique bien avant tous les cas reconnus.

Les indices restent difficiles à interpréter : le feu constitue une piste, mais sa cause demeure incertaine.

Un paysage aux multiples interactions

Le troisième squelette partiel, celui d’un adulte de plus petite taille, présente des marques de dents, des fractures et des articulations manquantes, compatibles avec l’action de charognards peu après la mort.

Les carnivores s’attaquent souvent d’abord aux articulations tendres, désarticulant le corps avant que les os ne se dispersent sur une courte distance.

Comparées à celles de l’individu rapidement enfoui et aux fragments brûlés, ces traces montrent qu’aucun sort unique ne dominait à Halibee.

Sur ce seul site, on trouve au moins trois causes de décès, dont les traces ont été marquées par l’eau, le feu ou les animaux.

Halibee réunit outils, paysage, faune et restes humains dans une même scène à ciel ouvert, plutôt que sous forme de fragments distincts provenant de lieux différents.

De nouvelles fouilles pourraient révéler si ces retours relevaient d’habitudes locales, de circuits plus vastes ou s’ils ont contribué à des voyages ultérieurs au-delà de l’Afrique.

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Camille Lefèvre

Camille Lefèvre est consultante spécialisée dans la location de matériel de gestion de l’eau, notamment les fontaines à eau, distributeurs et solutions d’hydratation pour les entreprises. Elle s’intéresse aux enjeux de qualité de l’eau, de maintenance des équipements et de consommation responsable, afin d’accompagner les organisations dans le choix d’une offre Eauzone Location adaptée.

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